La CVR burundaise documente les discriminations avant et après 1972
Par la rédaction d’AFREEQUE, d’après Iwacu Burundi

La Commission vérité et réconciliation du Burundi a présenté à Gitega les exclusions et discriminations qui ont marqué le pays avant et après 1972. Lors d’un atelier tenu du 16 au 17 octobre 2026, des victimes, d’anciens responsables et de jeunes leaders de neuf communes ont examiné les racines historiques de ces pratiques, selon la CVR.
La Commission vérité et réconciliation (CVR) du Burundi a présenté des pratiques discriminatoires et des exclusions qui ont marqué le pays avant et après 1972, lors d’un atelier organisé à Gitega du 16 au 17 octobre 2026, rapporte Iwacu. Des victimes, d’anciens responsables et de jeunes leaders de neuf communes de la province y ont participé. Le président de la CVR, Pierre-Claver Ndayicariye, a déclaré que cette démarche visait à tirer du passé une leçon pour éviter que de telles violences se reproduisent.
Les commissaires Stella Budiriganya et Laurent Kavakure ont décrit l’influence des théories raciales introduites par les missionnaires au début du XXe siècle et renforcées, selon eux, par la politique coloniale belge du « diviser pour régner ». Ils ont notamment présenté l’école coloniale et le Groupe scolaire d’Astrida comme des instruments de stratification, qui auraient accordé des privilèges éducatifs à une minorité au détriment des Bahutu, des Batwa et des femmes.
Laurent Kavakure a affirmé que les exclusions se sont poursuivies après l’indépendance du Burundi, notamment dans l’enseignement, la magistrature, l’administration et les forces de sécurité. Il a aussi évoqué le marquage secret de copies d’élèves par les lettres « i » et « u » dans des écoles de Kirundo et de Rumonge, pratique qui aurait servi à orienter les élèves et à limiter l’accès des Hutu à l’enseignement secondaire.
Les participants ont également abordé le régionalisme sous les régimes successifs. Les échanges réunissaient des personnes touchées par ces discriminations, d’anciens responsables et de jeunes représentants venus de neuf communes de Gitega.



