Des Africains recrutés par la Russie et prisonniers en Ukraine, selon une étude
Par la rédaction d’AFREEQUE, d’après The Conversation
Image d’illustration · Isaac Naph · Pexels · Licence PexelsSelon une étude du chercheur Thierry Vircoulon menée auprès d’une dizaine de prisonniers de guerre africains détenus en Ukraine, la Russie recrute des étudiants africains en Russie et des travailleurs urbains attirés par des promesses d’emploi ou de formation avant de les envoyer au front. Le chercheur pointe aussi la responsabilité des États africains, incapables de protéger leurs ressortissants, rapporte The Conversation Africa.
La Russie recrute des ressortissants africains, souvent attirés par des promesses d'études ou d'emplois, pour les envoyer combattre en Ukraine, selon une étude du chercheur Thierry Vircoulon menée auprès de prisonniers de guerre africains détenus en Ukraine. L'auteur a interrogé une dizaine d'Africains dans une prison ukrainienne, avec l'accord des autorités.
Deux catégories se dégagent parmi ces « soldats amateurs » : des étudiants inscrits dans des universités russes et des travailleurs urbains recrutés en Afrique. La première victime africaine identifiée dans le conflit, en 2022, était un étudiant zambien engagé dans le groupe paramilitaire russe Wagner. Les travailleurs migrants, eux, n'ont pas de profil type : âgés de 20 à plus de 40 ans, ils sont chômeurs, travailleurs du secteur informel, petits fonctionnaires, artisans ou infirmiers, issus des couches populaires urbaines.
Les prisonniers sont essentiellement des civils sans expérience des armes avant leur arrivée en Russie, et tous cherchaient une opportunité d'études ou de travail à l'étranger. Pour la majorité, le voyage en Russie était leur premier déplacement hors du continent africain, voire hors de leur pays. Certains avaient déjà travaillé dans les pays du Golfe.
Cette étude paraît alors que les négociations sur les prisonniers se poursuivent : le 6 novembre, l'opposant russe Vladimir Kara-Murza a réclamé leur libération, et l'Ukraine accuse la Russie d'avoir renforcé ses positions à Oleshky pendant la trêve.




