Tundu Lissu condamné à quatre ans de prison en Tanzanie
Par la rédaction d’AFREEQUE, d’après AIP et Tuko

Tundu Lissu, principal opposant tanzanien et président de Chadema, a été condamné le 6 novembre 2026 à quatre ans de prison pour incitation à la trahison. La Haute Cour de Dar es Salaam l’a acquitté du chef de trahison initialement retenu, faute pour les procureurs d’avoir prouvé un élément clé de l’infraction, selon AIP et Tuko.
La Haute Cour de Dar es Salaam a finalement retenu contre Tundu Lissu, président du parti d’opposition tanzanien Chadema, le chef d’accusation d’« incitation » à la trahison, une infraction distincte de la trahison pour laquelle il était initialement poursuivi. L’opposant, détenu depuis avril 2025, dispose de la possibilité de faire appel de sa condamnation, rapporte l’AIP.
Tuko précise qu’un panel de trois juges, dirigé par le juge Dunstan Ndunguru, a acquitté Lissu du chef de trahison, estimant que le parquet n’avait pas établi qu’il avait l’intention d’intimider le gouvernement, élément nécessaire à une condamnation pour trahison. Cette infraction est passible de la peine de mort en Tanzanie. La cour l’a en revanche reconnu coupable d’incitation au titre de l’article 390 du Code pénal, en s’appuyant sur l’article 319 de la loi de procédure pénale, qui permet de retenir une infraction moins grave.
L’affaire portait sur un discours prononcé le 3 avril 2025 au siège de Chadema à Dar es Salaam. Les procureurs lui reprochaient d’avoir appelé ses partisans à empêcher et perturber les élections générales d’octobre 2025, notamment en appelant la population à « bloquer l’élection » et à « mobiliser la rébellion ». Le juge Ndunguru a estimé que ses propos avaient encouragé des actions visant à perturber le processus électoral, et des témoins de l’accusation ont affirmé qu’ils avaient influencé leur participation à ces activités, selon Tuko.
Lissu a contesté sa condamnation, affirmant qu’il n’avait pas été inculpé pour incitation et accusant les juges d’avoir créé une infraction alternative pour le maintenir en détention. Son parti a indiqué qu’il comptait faire appel, selon Tuko. Lissu, 58 ans, avait été arrêté après avoir appelé à une réforme du système électoral et menacé de recourir à la confrontation si ses revendications n’étaient pas satisfaites, rapporte l’AIP. Chadema avait ensuite été exclu des élections générales d’octobre 2025 pour avoir refusé de signer un nouveau code de conduite électorale, estimant que les réformes ne garantissaient pas la transparence et la crédibilité du scrutin. La procédure avait suscité des critiques de parlementaires britanniques et de l’Union européenne. La commission d’enquête mise en place par la présidente Samia Suluhu Hassan avait recensé 518 morts lors des troubles électoraux d’octobre 2025, tandis que l’opposition et des organisations de défense des droits humains avançaient un bilan d’environ 2 000 morts imputés aux forces de l’ordre, selon l’AIP.



