Mort de 33 détenus : des preuves altérées à Minna, au Nigeria
Par la rédaction d’AFREEQUE, d’après Leadership

Une commission ministérielle nigériane accuse des agents du corps de défense civile d’avoir nettoyé et modifié le lieu de détention avant l’arrivée des enquêteurs, après la mort de 33 détenus à Minna. L’absence du registre du 16 septembre et l’inhumation de 30 corps ont compliqué les expertises, selon le rapport présenté par Jonathan Kure.
Le comité ministériel indépendant chargé d’enquêter sur la mort de 33 détenus dans un centre du Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC), à Minna, accuse des agents d’avoir nettoyé, désinfecté et modifié les lieux de détention avant l’arrivée des experts médico-légaux indépendants. Son président, Jonathan Kure, a présenté ces conclusions mardi 27 octobre à Abuja au ministre de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, selon le média Leadership.
Le comité estime que ces interventions ont compromis une partie des examens médico-légaux. Il a aussi relevé l’absence du registre de détention du 16 septembre 2026. Trente des 33 personnes décédées avaient été inhumées avant l’arrivée de l’équipe médicale de la commission, qui n’a pu procéder qu’à trois autopsies. Le panel affirme néanmoins avoir établi les faits essentiels à partir des témoignages de survivants, d’agents et de personnels médicaux, ainsi que de documents. Il a recensé 41 survivants, dont neuf mineurs parmi les personnes interrogées, et 14 mineurs parmi les morts.
Les détenus étaient entassés dans une cellule d’environ 20 mètres carrés, où se trouvaient près de 50 hommes. Le rapport attribue les décès à une défaillance respiratoire aiguë compatible avec une asphyxie liée aux conditions de détention, aggravée par la chaleur, la déshydratation et le manque d’aération. Il relève également l’absence d’intervention rapide après des appels de détresse répétés et des défaillances de commandement. Le comité recommande le renvoi des agents jugés principalement responsables, des poursuites pénales et des enquêtes sur des soupçons d’extorsion et de mauvaise gestion des pièces à conviction.
Ces conclusions complètent l’enquête publiée le 27 octobre, qui avait attribué à l’asphyxie la mort de détenus mineurs, ainsi que les accusations de manquements visant cinq agents. Elles font suite au bilan de 37 décès attribué à l’asphyxie et aux accusations contre cinq agents.


