L’armée guinéenne ferme les mines d’or de Siguiri pour sécuriser l’or de la raffinerie de Conakry
Par la rédaction d’AFREEQUE, d’après Mali Actu
L’armée guinéenne a fermé les sites d’orpaillage de Siguiri, en Haute-Guinée, pour mettre fin à une exploitation devenue quasi industrielle qui ravage le lit du fleuve Niger, officiellement au nom de l’environnement. Conakry veut aussi sécuriser l’approvisionnement de la raffinerie Nimba Gold Refinery et dément les rumeurs d’expulsions visant les Burkinabè, selon Mali Actu.
L'armée guinéenne a investi Siguiri, principal bassin aurifère du pays en Haute-Guinée, pour faire appliquer la fermeture des sites d'extraction, rapporte Mali Actu. Officiellement justifiée par la protection de l'environnement et le démantèlement des réseaux clandestins, l'opération vise aussi à sécuriser le ravitaillement de la Nimba Gold Refinery, la raffinerie d'or inaugurée à Conakry.
L'activité ne relevait plus du simple orpaillage : excavateurs et bulldozers exploitaient les cours d'eau, dont le lit du fleuve Niger. La fermeture a provoqué une tempête diplomatique, des rumeurs d'expulsions ciblées de Burkinabè ayant circulé sur les réseaux sociaux. Conakry dénonce une campagne de désinformation et rappelle que l'interdiction s'applique à toutes les nationalités, Guinéens compris. La mesure touche néanmoins plus de 8 000 orpailleurs burkinabè, et Ouagadougou a mobilisé une cinquantaine de bus pour rapatrier ses citoyens bloqués à Bamako. Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a déploré l'absence de concertation tripartite entre la Guinée, le Mali et le Burkina Faso avant l'opération.
Derrière l'urgence environnementale pointe un enjeu sécuritaire. Selon un rapport de la Fondation Konrad Adenauer, les réseaux clandestins de l'or de Siguiri constituent une manne financière et un facteur d'instabilité régionale, alors que le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) renforce sa présence dans le sud-ouest du Mali, aux portes de la Guinée.
Cette intervention militaire suit l'interdiction de l'orpaillage dans les cours d'eau de Siguiri, annoncée le 2 novembre, et la suspension de l'orpaillage qui a poussé des milliers de personnes à quitter la zone le 5 novembre.





