Tanzanie : Amnesty dénonce l’impunité après des centaines de morts
Par la rédaction d’AFREEQUE, d’après Amnesty

Amnesty International affirme qu’aucun responsable tanzanien n’a été poursuivi pour la répression meurtrière des manifestations qui ont suivi l’élection générale de 2025, malgré des centaines de morts et des milliers de blessés. Un an après les violences, les autorités gardent secret le rapport de la commission d’enquête et recourent aux lois antiterroristes contre les voix critiques, selon l’organisation.
Amnesty International accuse les autorités tanzaniennes de n’avoir engagé aucune enquête pénale contre des responsables pour les violences des forces de sécurité qui ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés après l’élection générale de 2025. L’organisation a formulé ces accusations à l’occasion du premier anniversaire de la répression.
Le rapport d’une commission d’enquête sur les morts liées aux violences électorales a été remis à la présidente Samia Suluhu en avril 2026, mais n’a pas été rendu public, selon Amnesty. En août, la présidente a inauguré une nouvelle commission chargée d’identifier les personnes ayant planifié, financé, coordonné ou exécuté les violences, ainsi que d’examiner l’usage excessif de la force et le sort des disparus.
Tigere Chagutah, directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Est et australe, affirme que les lois antiterroristes sont de plus en plus utilisées pour faire taire les critiques. L’organisation dit avoir documenté, depuis un an, des arrestations arbitraires, des disparitions forcées, des enlèvements et des restrictions des libertés d’expression et de réunion visant des opposants, des médias et des membres dissidents du parti au pouvoir.
La présidente Samia Suluhu a à plusieurs reprises accusé des acteurs étrangers d’avoir financé les manifestations postélectorales dans le but de renverser le gouvernement, rapporte Amnesty International.


