L’ONU dénonce un « coup d’État constitutionnel » de Salva Kiir au Soudan du Sud
Par la rédaction d’AFREEQUE, d’après Radio Tamazuj
La Commission des droits de l’homme des Nations unies au Soudan du Sud estime que les réformes législatives de Salva Kiir démantèlent le partage du pouvoir prévu par l’accord de paix de 2018 et constituent un « coup d’État constitutionnel ». Sa présidente, Yasmin Sooka, a appelé mardi la communauté internationale à agir pour prévenir une reprise du conflit avant les élections prévues en décembre.
La Commission des droits de l’homme des Nations unies pour le Soudan du Sud a dénoncé mardi un « coup d’État constitutionnel » du président Salva Kiir, estimant que les réformes législatives ont démantelé unilatéralement le partage du pouvoir instauré par l’accord de paix de 2018. La commission a appelé les États membres et les partenaires régionaux et internationaux à agir pour prévenir une reprise du conflit, indépendamment de la tenue des élections prévues le 22 décembre, selon Radio Tamazuj.
La présidente de la commission, Yasmin Sooka, a accusé Salva Kiir d’avoir concentré tous les pouvoirs sous couvert du processus électoral. Elle a déclaré que le président avait dissous le gouvernement de transition, le Parlement national et les assemblées des États le 22 septembre, écarté le premier vice-président et les autres vice-présidents, puis nommé une administration intérimaire qui ne répond qu’à lui. Le premier vice-président Riek Machar reste détenu et jugé, tandis que son parti et d’autres formations d’opposition sont exclus du processus électoral.
La commission estime que l’accord revitalisé de 2018 exige toujours une gouvernance inclusive, une compétition politique libre, un partage du pouvoir et un contrôle institutionnel. Yasmin Sooka a averti que les élections ne pouvaient justifier l’abandon de ces garanties et a demandé que les violations entraînent des conséquences diplomatiques mesurables.
Cette dénonciation intervient après que la commission électorale sud-soudanaise a remis le registre des électeurs à Salva Kiir, le 2 octobre, puis que le président a demandé un appui régional pour les élections de décembre, le 10 octobre.




