Les élections sud-soudanaises menacées par les crises politiques
Par la rédaction d’AFREEQUE, d’après Eye Radio
La Commission conjointe de suivi de l’accord de paix sud-soudanais avertit que les élections prévues le 22 décembre risquent de manquer de crédibilité, en raison des désaccords politiques et des réformes sécuritaires inachevées. Elle demande un dialogue incluant tous les signataires et groupes concernés, selon Eye Radio.
La Commission mixte reconstituée de suivi et d’évaluation de l’accord de paix sud-soudanais (RJMEC) a averti que les élections prévues le 22 décembre au Soudan du Sud risquaient de perdre leur crédibilité en raison de différends politiques et de réformes sécuritaires inachevées. À deux mois du scrutin, la commission estime que plusieurs engagements de l’accord de paix revitalisé restent en suspens.
La RJMEC met en cause les désaccords entre partis sur le cadre juridique et politique du vote, ainsi que la décision du gouvernement de modifier l’accord sans respecter ses propres procédures. Les amendements proposés n’auraient pas obtenu l’approbation des deux tiers des membres votants, comme l’exige l’article 8.4 du texte.
Le dialogue entre partis lancé en septembre reste également incertain. Des formations liées à des responsables détenus ou exilés du SPLM/A-IO n’y ont pas participé. La commission appelle à des discussions inclusives réunissant tous les signataires de l’accord de paix et les groupes qui ne l’ont pas signé.
La poursuite des affrontements armés, des violences intercommunautaires et l’inachèvement des dispositifs de sécurité pourraient perturber l’inscription des électeurs, la campagne et la protection des candidats et des votants. La RJMEC souligne aussi qu’aucun progrès n’a été enregistré durant la période examinée dans l’élaboration de la Constitution permanente.
L’avertissement intervient alors que 84 personnes ont été tuées dans deux attaques à Tonj Nord, selon un bilan publié le 29 octobre, après un appel des Églises sud-soudanaises à protéger les civils le 28 octobre. La commission estime qu’un dialogue politique et un engagement régional accrus peuvent encore favoriser un consensus avant la fin de la transition.






