Le gouvernement sénégalais menace l'Assemblée d'user de toutes ses prérogatives constitutionnelles sur le budget
Par la rédaction d’AFREEQUE, d’après SeneNews
Le porte-parole de la présidence sénégalaise, Me Abdoulaye Tine, a averti que le gouvernement utiliserait toutes les prérogatives que lui confèrent la Constitution face au rejet du budget rectificatif 2026 et à la demande de retrait du budget 2027 par l'Assemblée. L'Exécutif dit vouloir préserver la continuité de l'État dans ce bras de fer avec les députés, selon SeneNews.
La présidence sénégalaise a averti qu'elle userait de « toutes les prérogatives que lui confèrent la Constitution et les lois » dans le bras de fer qui l'oppose à l'Assemblée nationale sur le budget, a déclaré son porte-parole, Me Abdoulaye Tine, selon SeneNews. Le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, entend ainsi préserver la continuité de l'État après le rejet de la loi de finances rectificative 2026 et la demande de retrait du projet de budget 2027 formulée par les députés.
Me Abdoulaye Tine dénonce une stratégie d'obstruction parlementaire. Il pointe la démarche du président de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire, Alphonse Mané Sambou, qui a demandé le 3 novembre le retrait du projet de budget 2027 avant de convoquer la même commission le lendemain pour examiner le texte le 5 novembre, en invoquant le délai réglementaire de 48 heures prévu par l'article 46 du règlement intérieur de l'Assemblée. Sur le fond, le porte-parole estime que le rejet de la loi de finances rectificative 2026 ne peut juridiquement entraîner le retrait automatique du budget 2027, et que les contestations sur la sincérité budgétaire doivent être débattues dans l'hémicycle. Alphonse Mané Sambou conteste cette lecture et défend sa demande de retrait.
Cette sortie de la présidence prolonge une crise ouverte fin octobre, quand la commission sénégalaise des finances a rejeté la LFR 2026 le 23 octobre, puis de nouveau le budget rectificatif le 30 octobre. Le 5 novembre, le ministère sénégalais contestait déjà la demande de retrait du projet de budget 2027.




